mercredi 22 juillet 2026

ANTISÉMITISME : ENTRE LES « RÉSONANCES » DE BARBARA BUTCH ET L’IMPRESSIONNISME D'EDWY PLENEL


Khaled Satour

Chaque fois qu’il est question de la Palestine dans les débats français, le monde se renverse cul par-dessus tête.

La protestation d’une partie du public qui a conduit à l’annulation du concert de Barbara Butch samedi 18 juillet dans le jardin de notre bonne ville de Grenoble est qualifiée depuis trois jours d’« atteinte intolérable à la liberté d’expression ».

On balaie ainsi d’un revers de main le fait que l’un des motifs de la protestation était l’adhésion de Butch à une tribune publique soutenant la proposition de loi la plus liberticide de la 5e république depuis la fin de la guerre d’Algérie, « la loi Yadan ».

Si le révisionnisme historique s’acharne aujourd’hui plus que jamais à disqualifier le courant le plus radical de la révolution française, cette affaire nous inciterait plutôt à réhabiliter un de ses axiomes les plus marquants, celui qui proclame : « pas de liberté pour les ennemis de la liberté ».

Car, malgré les airs de sainte-nitouche qu’elle affecte depuis 3 jours et à rebours du portrait du parfait candide que les médias ont brossé d'elle, Barbara Butch est une ennemie de la liberté. Elle l’a prouvé avant l’incident de samedi en signant la tribune favorable à la loi Yadan mais aussi en faisant croire par la suite qu’elle s’en repentait, confessant il y a un an : « je n’aurais pas dû le faire » et expliquant : « je ne suis pas juriste, je ne suis pas politologue, je ne lis pas entre les lignes comme certains l’ont fait ».

Mais la preuve que ce n’était de sa part que duplicité, c’est qu’elle déclare dans une interview donnée hier à Libération (citée aujourd’hui par les Inrockuptibles [1]) que “les ‘sale sioniste’ qui me sont adressés résonnent dans ma tête comme des ‘sale juive’. (…) On ne peut pas nier (…) que l’antisémitisme a pris un autre visage ». Ces propos ne sont rien d’autre, malgré ses antérieurs et néanmoins tardifs reniements, qu’un aveu de son adhésion à la doctrine de Caroline Yadan assimilant la critique du sionisme à l’antisémitisme, tant ils en paraphrasent le contenu à la perfection.

Depuis trois ans, cette grosse ficelle de la lutte contre l’antisémitisme qui fait marcher la raison française sur la tête n’en finit pas de servir. Que ce soit dans la bouche de Netanyahou qui justifie le massacre des Palestiniens par les exigences de la sécurité collective des juifs d’Israël, ou dans celle de Barbara Butch qui se fait partie prenante d’une vaste entreprise liberticide parce que les critiques qu’elle a méritées « résonnent dans sa tête » comme antisémites.

Il n'est pas étonnant qu’Edwy Plenel, dont la carrière de censeur des opinions pro-palestiniennes ne semble pas avoir cessé avec ses fonctions de directeur de Mediapart, se hâte (sur X) de donner du sens à ces hallucinations en déclarant que « pour toutes les discriminations et tous les racismes, le juste critère c’est ce que ressentent les premiers concernés », ce qui lui permet de conclure que « ce que l’artiste a vécu c’est bien de l’antisémitisme ».

Entre les « résonances » dans la tête de Butch et l’impressionnisme sous la plume de Plenel, il y a toute une agitation mentale qui fait voir de l’antisémitisme partout …et qui jette un voile sur les abjections du sionisme.


 

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