mercredi 29 juillet 2026

L’AFFAIRE BUTCH ET LES RÉSEAUX CRIMINELS DU SIONISME

Khaled Satour

Je suis absolument sidéré par la facilité avec laquelle les classes politique et médiatique françaises en sont venues à soutenir que Barbara Butch avait été victime samedi 18 juillet à Grenoble de violences matérielles et verbales parce qu’elle était juive.

Ce qui interpelle dans ce chœur consensuel d’accusations dirigées contre LFI et la militance propalestinienne, c’est que la seule fausse note qu’on y décèle est venue de l’avocat de la ville de Grenoble, Arie Halimi, qu’on ne peut soupçonner de sympathie pour la cause palestinienne, et qui a affirmé n’avoir trouvé « aucun élément permettant de caractériser la provocation à la haine raciale ou religieuse » qui puisse étayer la plainte de la municipalité.

C’est l’intéressée elle-même qui a donné le ton à ces accusations dans des formules qui risquent d’être allées au-delà de ce qu’il lui sera possible de prouver devant la justice qu’elle a saisie d’une plainte pour « violences volontaires ». Elle affirme qu’elle ne peut certes pas exhiber « des bleus » mais qu’elle a subi des « préjudices moraux » avec « de l’anxiété », et qu’elle ressent « une oppression au plexus » qui lui laisse « des cicatrices qui vont rester ».

Opportunisme électoral

Parmi les morceaux de bravoure qu’on aura pu relever dans la presse française, cet éditorial du Monde daté du 25 juillet qui note que l’action des ‘insoumis’ locaux visant « l’artiste juive (…)  [1] ».

Le journal La Dépêche écrit pour sa part ce 28 juillet que l’événement « nous rappelle, à quelques mois de l'élection présidentielle, le goût de LFI pour la guillotine, les purges et les listes de dénonciation...[2] ».

On voit donc à quel point l’incident de Grenoble est monté en épingle pour discréditer LFI et lui tendre un piège, qui ne sera jamais que le premier dans une campagne qui commence à peine, pour disqualifier son candidat à la présidence, Jean-Luc Mélenchon.

Mais il n’y a pas dans cette outrance que de l’opportunisme électoral. Preuve en est que, aux cris d’orfraie poussés par les représentants de la social-démocratie de droite qui prétend rivaliser avec LFI dans les prochaines élections de 2027, se superpose l’indignation exprimée par des personnalités comme Sandrine Rousseau ou Clémentine Autain, qui n’excluent pourtant pas de rejoindre la candidature de Mélenchon.

Les évitements, hésitations et abdications de LFI

Et puis surtout, ce qui indique que la tragédie palestinienne n’a pas encore achevé de mener la crise de conscience française à son terme qui ne peut être que la démystification de l’imposture séculaire sioniste, ce sont les évitements, hésitations et abdications avouées à demi-mots par La France Insoumise elle-même.

On aura remarqué à cet égard que J.L Mélenchon, habituellement si interventionniste, s’est abstenu de tout commentaire sur cette affaire, le silence en pareille occasion ne pouvant valoir que désapprobation. Mathilde Panot et Manuel Bompart ont quant à eux excellé dans l’antiphrase pour distiller, sans avoir l’air d’y toucher, leur désaccord avec l’initiative de la délégation grenobloise de leur mouvement et surtout de son principal animateur Allan Brunon. La première a pris soin de bien faire entendre qu’elle condamnait « les insultes et les jets de projectiles », le second a dit qu’il comprenait qu’une protestation vise une position politique « à condition qu’elle soit pacifique ».

Pour ne rien dire de la sortie de l’insoupçonnable Bally Bagayoko qui a déclaré, sans y mettre la moindre ironie, que Barbara Butch « avait eu raison de porter plainte », précisant qu’il encourageait à le faire « toutes les personnes qui sont victimes à la fois de propos racistes ou de propos discriminants[3] ». Très aimable pour ses collègues grenoblois !

Crise de conscience

Si j’évoque une crise de conscience qui n’en finit pas d’aller à son terme, c’est parce qu’il est une vérité qui tarde à éclairer la pensée des élites françaises, dans leur globalité. C’est celle de l’implacable logique coloniale constitutive d’Israël, faite d’extermination des êtres humains et de destruction de leurs terroirs. De ce point de vue, le travail au long cours entrepris depuis 1945 pour faire oublier la collaboration avec les nazis a fait barrage pendant plus de 60 ans à la critique du passé colonialiste, permettant à celui-ci de revenir en grâce à la faveur des tentations fascistes et racistes actuelles et de retrouver une pleine contemporanéité dans son incarnation sioniste.

L’aveuglement qui résulte de cette authentique infirmité de la raison explique l’impudence de tous ces acteurs de la politique et de la communication français qui ont décidé de voir dans l’action de boycott de Grenoble la mise en pratique d’une « violence inacceptable ». Cet aveuglement explique aussi que ceux, parmi cette multitude, qui seraient de bonne foi ne paraissent pas le moins du monde offusqués que se mêlent à leurs voix celles d’une engeance présente dans l’hexagone, stipendiée par le syndicat du crime qui a élu domicile à Tel-Aviv sous couvert d’un État fondé par une clique d’assassins de masse et qui poursuit sa fuite en avant à coups de nettoyage ethnique et de génocide.

Une mondialisation de la logistique criminelle sioniste

Il ne fait pas de doute que les positions prises par les appareils politiques et médiatiques français dans l’affaire B. Butch doivent s’interpréter, directement ou indirectement selon les cas, comme la marque d’un négationnisme des crimes israéliens. Il faut en effet considérer que ces derniers ne sont qu’une fiction, comme l’ont souvent soutenu les fonctionnaires français de la « hasbara », pour que, en « violence comparée », un jet de bouteille vide suffise à les éclipser.  

Elles sont aussi l’indice que la logistique criminelle sioniste s’est mondialisée, pour s’assurer les complicités qui aideront à mettre en échec les poursuites engagés par la CPI contre Netanyahou. La léthargie des gouvernements français et européens qui sont décidés à lui garantir l’impunité concourt à cette logistique mondialisée, ainsi que le terrorisme d’État qu’exerce Donald Trump sur les magistrats de la Cour, à coups de sanctions financières et de révocation.

Nous avons peut-être là la modélisation de l'État de droit français du futur, dans lequel une nouvelle mafia prendra le pouvoir en tant que fusion de l’extrême-droite et du sionisme et imposera sa loi à l’ensemble du monde judiciaire. Et comme la première pierre de cet édifice mortifère risque d’être la loi Yadan remise sur l’ouvrage, il faudra témoigner à Barbara Butch toute la reconnaissance qu’on lui doit.


 

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